Hinatea Ariey
Qu’est-ce qui vous a motivée de devenir collaboratrice scientifique ?
Ce qui m’anime, c’est le partage : expliquer les sciences naturelles au grand public et soutenir mes collègues dans leurs projets, notamment en les aidant sur des tâches complémentaires. Devenir collaboratrice scientifique au Naturmusée s’est imposé comme la voie idéale pour m’investir pleinement dans cette dynamique.
Sur quels sujets ou projets travaillez-vous actuellement dans le cadre de cette collaboration ?
Je contribue principalement à l’Atlas des syrphes, ces mouches pollinisatrices aussi essentielles que les abeilles, mais trop souvent méconnues. Mon engagement prend deux formes : en tant que freelance, d’une part, et, sur mon temps libre, en tant que collaboratrice pour la collecte occasionnelle de spécimens et l’entretien des liens avec la communauté des syrphidologistes. J’ai également participé à plusieurs événements de sensibilisation, afin de faire découvrir au grand public l’univers fascinant des syrphes et, plus largement, l’histoire naturelle.
Qu’est-ce qui vous attire particulièrement dans ce domaine de recherche ? Quelles sont vos principales sources de motivation ou de fascination ?
Ce qui me passionne, c’est l’apprentissage continu. Le musée est une source inépuisable de savoirs, que ce soit à travers la collection entomologique ou les échanges avec les collaborateur·rice·s, ainsi qu’avec les conservateur·rice·s. Chaque question soulevée y trouve parfois une réponse, mais surtout, elle nourrit ma curiosité et m’inspire sans cesse.
En quoi votre engagement au sein du Naturmusée est-il important pour vous, tant sur le plan personnel que scientifique ?
Pour moi, l’essentiel réside dans la transmission des connaissances, que ce soit auprès d’autres scientifiques lors de la Journée des collaborateur·rices·s scientifiques, ou envers le grand public. Par ailleurs, l’échange de services contre l’accès à des ressources précieuses — comme la collection entomologique, les binoculaires ou les ouvrages spécialisés — a, pour moi, une grande importance d'un point de vue scientifique.
Où se déroule principalement votre travail de recherche et quels sont les outils, méthodes ou types de matériel que vous utilisez ?
Mon travail se déroule principalement sur le terrain, où j’utilise un filet entomologique pour capturer les spécimens. Je participe également à des conférences et ateliers, ce qui signifie que la majeure partie de mon activité s’exerce en dehors des murs du musée.
Comment s’organise concrètement votre travail : à quels moments menez-vous vos recherches ?
Mes recherches sur le terrain ont lieu principalement au printemps et en été, pendant mes temps libres, et uniquement par temps clément, lorsque les conditions météorologiques permettent aux syrphes d’être actives. Quant aux actions de sensibilisation scientifique, elles s’inscrivent dans le cadre d’événements ponctuels et ciblés.
Travaillez-vous plutôt seule ou en collaboration avec d’autres chercheur·euse·s ou équipes ?
Je fais partie d’une équipe, mais pour la collecte des spécimens et leur identification, nous travaillons souvent de manière autonome.
Quelles ont été les principales difficultés ou défis que vous avez rencontrés dans votre activité de collaboratrice scientifique ?
Le défi le plus important a été de trouver des repères fiables et d’obtenir une validation pour localiser les insectes et apprendre à les identifier correctement. J’ai également manqué de confiance en moi, car je devais développer de nouvelles compétences.
Comment avez-vous surmonté ces obstacles ?
Grâce au musée, j’ai eu accès à des références bibliographiques et à des spécimens, ainsi qu’à un réseau d’expert·e·s et d’amateur·rice·s expérimenté·e·s. Ces échanges et ces ressources m’ont permis de progresser et de surmonter mes doutes.
Pouvez-vous partager une réussite ou un moment particulièrement marquant dont vous êtes fière dans votre parcours ?
J’ai été particulièrement fière d’avoir acquis la capacité de porter un regard critique sur les références existantes et les identifications réalisées par mes prédécesseurs. Ce processus m’a permis d’apprendre énormément, de corriger certaines erreurs, et surtout, de me sentir aujourd’hui capable de suivre leurs traces tout en traçant ma propre voie.
Y a-t-il eu une découverte qui vous a particulièrement enthousiasmée ?
Rien ne m’enthousiasme davantage que de collecter ou d’identifier une espèce rare ou nouvelle de syrphe pour le Luxembourg. C’est une chance incroyable d’avoir cette opportunité. Par ailleurs, j’adore faire découvrir ces insectes aux gens : bien qu’ils soient très communs et souvent colorés, ils passent généralement inaperçus. Les faire remarquer, c’est comme ouvrir une fenêtre sur la beauté du monde. Et voir le sourire de mon interlocuteur·rice quand il ou elle les aperçoit est toujours un moment magique.
Selon vous, quel est le rôle ou l’importance des collaborateur·rice·s scientifiques au sein du musée ?
Les collaborateur·rice·s scientifiques sont souvent des passionné·e·s qui ont acquis des connaissances, que ce soit par leur hobby ou leur formation. Leur expertise est précieuse pour le musée, et il est essentiel de la préserver en leur offrant un accès aux ressources nécessaires pour l’enrichir et la transmettre.
Recommanderiez-vous de rejoindre le Naturmusée en tant que collaborateur·rice scientifique ?
Absolument. Devenir collaborateur·rice scientifique au Naturmusée offre l’opportunité d’échanger sur des sujets passionnants et spécialisés, tout en facilitant la mise en place de projets concrets. C’est une expérience enrichissante à tous les niveaux.
Avez-vous des conseils à donner ?
Mon conseil : restez curieux·se et posez-vous des questions. On ne trouve pas toujours de réponses immédiates, mais c’est en cherchant qu’on apprend et qu’on développe de nouvelles compétences.
Interviews: Alexandre Diels
Rédaction: Selma Weber